Ce que l’on connaît aujourd’hui comme la place Poelaert, où trône le colosse considéré comme le plus grand Palais de Justice du monde, n’a pas toujours porté ce nom…

Galgenberg

Berg = Montagne, colline. Galgen = Potence. Au 16ème siècle, sur le sommet de cette colline, se dressait un échafaud. C’est là que, quelques fois, les condamnés à mort étaient exécutés devant les foules. Loin des promenades romantiques “avec vue”, des grand-roues et des croustillons d’aujourd’hui, on pouvait y voir des cadavres y pourrir après leur exécution. Parfois, pendant plusieurs jours, ils étaient abandonnés après leur exécution. Et laissés à la merci des rats et des autres vermines qui peuplaient le lieu…

Ambiance réjouissante donc sur la bute qui surplombait un des quartiers les plus populaires de Bruxelles. Et au début du 16ème siècle, sur les flancs de cette colline, grandit celui qui est considéré aujourd’hui comme le premier anatomiste de l’Histoire. Son nom ? André Vésale. On raconte que c’est à la vue de tous ces cadavres que vint au jeune garçon sa vocation : Il veut être médecin. Et il fera tout pour le devenir.

Il va par la suite voyager dans plusieurs pays européens. Allemagne, Italie, France,… Mais c’est surtout à Paris qu’il va étudier, puis enseigner la médecine. On raconte qu’à Paris, lorsqu’il était enseignant, il allait régulièrement chercher des cadavres au gibet de MontFaucon. Il les analysait, les disséquait afin d’en apprendre plus sur l’anatomie humaine, très peu connue à l’époque. En effet, l’Église interdisait formellement de disséquer des cadavres humains.

Une reconnaissance pour André Vésale…

Après 1547 et la publication de son ouvrage phare “Humani Corporis Fabrica“, un traité d’anatomie humaine en 7 volumes qui va révolutionner la médecine moderne, André Vésale deviendra le médecin personnel de…… Charles Quint !

Belle promotion sociale donc pour le petit Brusseleir ! Mais en 1564, sur le retour d’un pèlerinage au Moyen Orient, son bateau fait naufrage. Il meurt du typhus sur une île grecque ou il avait trouvé refuge. À 49 ans, il laisse une œuvre inachevée. Un goût de trop peu.

Destin incroyable et triste fin pour ce Bruxellois né dans une rue proche du Sablon : la rue de l’Enfer (qui n’existe plus aujourd’hui)… Il y a peu d’iconographie de Vésale à Bruxelles : Une statue place des Barricades et une plaque rue des Minimes.

On vous en dit plus sur ce Brusseleir lors de notre visite guidée “Brusseleirs d’Hier et d’Aujourd’hui